Téléphone portable au lycée : ce qui change
L'interdiction du téléphone portable, jusqu'ici limitée à l'école et au collège, est étendue aux lycées. Voici ce que dit exactement le texte, ce qu'il laisse à votre règlement intérieur, et ce que vous pouvez faire concrètement en cas de manquement.
Ce qui change exactement
La loi n° 2026-813 du 24 août 2026, publiée au Journal officiel du 25 août 2026, modifie l'article L. 511-5 du Code de l'éducation pour y inclure les lycées. Le texte précise que cette disposition entre en vigueur « à la date de la rentrée scolaire 2026-2027 ».
Le changement est plus profond qu'un simple élargissement de périmètre : on passe d'une faculté à une obligation. Jusqu'à présent, un lycée pouvait interdire le téléphone par son règlement intérieur ; s'il ne le faisait pas, l'usage restait libre. Désormais l'interdiction est le principe posé par la loi, et c'est l'aménagement de cette interdiction qui relève du règlement intérieur.
| Avant | À partir de la rentrée 2026-2027 | |
|---|---|---|
| École et collège | Interdiction posée par la loi (2018) | Inchangé |
| Lycée | Interdiction facultative, au choix de l'établissement | Interdiction posée par la loi |
| Rôle du règlement intérieur | Décider s'il y a interdiction | Fixer les modalités et les exceptions |
Ce que dit le texte
L'article L. 511-5 vise « un téléphone mobile ou tout autre équipement terminal de communications électroniques ». La formule est volontairement large : elle ne se limite pas au smartphone et couvre les autres objets connectés (montre, écouteurs, tablette) dès lors qu'ils permettent de communiquer.
L'interdiction ne s'arrête pas au portail : elle vaut aussi « pendant toute activité liée à l'enseignement qui se déroule à l'extérieur » de l'enceinte. Sortie scolaire, déplacement vers un gymnase, stage encadré : le régime suit l'activité, pas les murs.
Les exceptions
Trois catégories, qui n'ont ni la même force ni la même origine :
- Le handicap et les troubles de santé. C'est la seule exception inscrite dans la loi elle-même : l'article ne s'applique pas aux équipements que les élèves « présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant » sont autorisés à utiliser. Elle s'impose donc à l'établissement, qui n'a pas à la négocier.
- Les exceptions décidées localement. Usages pédagogiques, lieux ou moments particuliers, situations familiales : c'est au règlement intérieur de les définir, « en cohérence avec le projet d'établissement ». Rien n'est automatique.
- Les étudiants du supérieur en lycée. Pour les classes préparatoires et les BTS, le règlement intérieur peut prévoir des dispositions particulières : la loi tient compte du fait que ces publics ne sont pas des lycéens.
La confiscation : ce que le droit permet
C'est la question la plus pratique, et celle où circulent le plus d'idées fausses. Le texte est pourtant précis : le manquement « peut entraîner la confiscation de l'appareil par un personnel de direction, d'enseignement, d'éducation ou de surveillance », et « le règlement intérieur fixe les modalités de sa confiscation et de sa restitution ».
Quatre conséquences concrètes pour la vie scolaire :
- Ce n'est pas automatique. La loi dit « peut » : la confiscation est une possibilité, pas une obligation à chaque manquement.
- Les AED sont couverts. Les personnels de surveillance figurent explicitement dans la liste : un assistant d'éducation peut confisquer, au même titre qu'un professeur ou un CPE.
- La durée et la restitution ne sont pas dans la loi. Combien de temps garde-t-on l'appareil ? À qui le rend-on, à l'élève ou au responsable légal ? La loi renvoie entièrement au règlement intérieur. S'il est silencieux, vous n'avez aucune règle opposable.
- La loi n'organise aucune fouille. Elle prévoit la confiscation d'un appareil, pas le droit de fouiller un sac ou de contraindre un élève à se dessaisir. Un refus de remettre l'appareil relève du régime disciplinaire (punition, voire sanction si le refus est un manquement grave) et non de la contrainte.
Ce que votre règlement intérieur doit prévoir
La loi pose le principe et vous laisse tout le reste. Un règlement intérieur qui se contente de recopier « le téléphone est interdit » vous laissera sans réponse dès la première difficulté. Les points à trancher :
- le périmètre : enceinte entière ou zones précises, et le sort des activités extérieures ;
- les appareils visés : dire explicitement si les montres connectées et les écouteurs sont concernés évite d'interminables discussions ;
- l'état exigé : appareil éteint, rangé, déposé (« non utilisé » et « éteint » ne se contrôlent pas de la même façon) ;
- les exceptions : usages pédagogiques, situations médicales, cas particuliers ;
- les modalités de confiscation : qui, où l'appareil est conservé, sous quelle traçabilité ;
- la restitution : quand, à qui, et ce qui se passe en cas de récidive ;
- la suite en cas de refus : quelle punition, à partir de quand une sanction.
Mettre en œuvre sans y passer ses journées
L'expérience du collège depuis 2018 est instructive : la difficulté n'est presque jamais juridique, elle est organisationnelle. Trois points font la différence.
L'harmonisation prime sur la sévérité. Ce qui use une équipe, ce n'est pas la règle stricte : c'est que l'élève sache qu'avec tel AED il passe et avec tel autre non. Une règle moyenne appliquée par tous vaut mieux qu'une règle exigeante appliquée par la moitié.
Informer les familles avant la rentrée. Un lycéen dont les parents ont été prévenus conteste moins. C'est aussi la condition pour que la première semaine ne se transforme pas en série de conflits individuels.
Garder une trace. Les confiscations répétées sur un même élève doivent être visibles : c'est ce qui permet de passer d'une réponse ponctuelle à un traitement de fond, et de justifier une sanction si elle devient nécessaire. Un rapport d'incident factuel reste la meilleure pièce au dossier.
Questions fréquentes
- Le téléphone est-il interdit au lycée à la rentrée 2026 ?
- Oui. La loi n° 2026-813 du 24 août 2026 étend aux lycées l'interdiction qui existait déjà à l'école et au collège, en modifiant l'article L. 511-5 du Code de l'éducation. Le texte prévoit une entrée en vigueur à la date de la rentrée scolaire 2026-2027.
- Les montres connectées et les écouteurs sont-ils concernés ?
- La loi vise « un téléphone mobile ou tout autre équipement terminal de communications électroniques », ce qui dépasse le seul smartphone. Il reste utile de le préciser expressément dans le règlement intérieur pour éviter les discussions.
- Un AED peut-il confisquer un téléphone ?
- Oui. Le texte cite les personnels « de direction, d'enseignement, d'éducation ou de surveillance » : les assistants d'éducation en font partie. En revanche, la durée de conservation et les conditions de restitution ne figurent pas dans la loi : elles doivent être fixées par le règlement intérieur.
- Peut-on fouiller un élève qui refuse de remettre son téléphone ?
- La loi prévoit la confiscation d'un appareil, pas un droit de fouille ni de contrainte. Un refus se traite sur le terrain disciplinaire : punition, ou sanction si le manquement est grave.
- L'usage pédagogique du téléphone reste-t-il possible ?
- Il n'est plus mentionné dans la loi comme exception. Il reste possible, mais à condition d'être prévu par le règlement intérieur, qui détermine désormais les modalités et les exceptions.
- Et les étudiants de BTS ou de classe préparatoire ?
- Pour les lycées dispensant des formations de l'enseignement supérieur, le règlement intérieur peut prévoir des dispositions particulières pour les étudiants.
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